Les Tamagotchis : Un jeu nostalgique fait son retour, tout comme ses contrefaçons

Musée de la contrefaçon

Les Tamagotchis : Un jeu nostalgique fait son retour, tout comme ses contrefaçons

La découverte de ces petites consoles de jeux vidéo portables sera certainement source de nostalgie pour tous ceux qui ont grandi dans les années 90 ou 2000. Lancés pour la première fois en 1996 par le fabricant de jouets japonais Bandai, les Tamagotchis sont rapidement devenus un phénomène international de la culture pop. Beaucoup se souviennent avoir accroché leur animal de compagnie virtuel Tamagotchi à leur cartable, leur sac à dos ou leur ceinture comme un accessoire.  

Le boom des Tamagotchi est un événement majeur dans l’histoire du divertissement japonais, avec 40 millions d’unités vendues en deux ans au Japon et à l’étranger. Dans le secteur du jouet, où l’on considère qu’un produit est un grand succès s’il se vend à 100 000 exemplaires, ce fut un succès sans précédent, avec des ventes dépassant largement ce chiffre. Les contrefacteurs ont profité de la popularité du jouet, ainsi que de l’incapacité de Bandai à répondre à une demande aussi forte, pour mettre en circulation des versions contrefaites des Tamagotchis. Après la sortie du premier Tamagotchi en 1996, environ 100 types de contrefaçons étaient en circulation au Japon. 

En effet, c’est l’affaire des contrefaçons de Tamagotchis qui a fait prendre conscience à la direction de Bandai Co. que la propriété intellectuelle ne se limite pas au commerce des droits d’auteur. Avant les Tamagotchis, la gestion des marques était assurée par seulement quelques employés du département médias, chargé de négocier les licences de commercialisation avec les éditeurs et les studios d’animation.  

Sans département PI structuré, l’entreprise a dû réagir en urgence. En 1997, Bandai a demandé des mesures provisoires contre huit entreprises, engagé des poursuites civiles contre cinq d’entre elles et déposé plusieurs plaintes pénales. Les contrefaçons ne pouvaient pas être stoppées à la frontière ; il fallait poursuivre chaque cas individuellement sur le territoire national. Heureusement, les tribunaux ont reconnu les infractions à la loi sur la concurrence déloyale et les atteintes aux dessins et modèles, ordonnant l’arrêt des importations et des ventes ainsi que le versement de dommages et intérêts. Cette série d’actions a fait prendre conscience à la direction que les contrefaçons représentaient un véritable enjeu stratégique. C’est ainsi qu’est né le département PI en avril 1998. 

En 2004, lors du relancement du Tamagotchi, l’entreprise a décidé de faire évoluer les fonctionnalités des Tamagotchis tout en conservant le design extérieur identique à celui du premier modèle. Cette démarche a permis à la société de réutiliser des droits de dessins et modèles déjà enregistrés. De plus, l’évolution législative a renforcé cette protection en permettant de bloquer certaines importations grâce aux droits sur les dessins et modèles. La stratégie fut un succès. Malgré un nouveau boom, très peu de contrefaçons ont pénétré le marché japonais, la plupart étant saisies et détruites par les douanes. Aujourd’hui, la détection passe désormais surtout par le commerce en ligne et les réseaux sociaux. 

En 2026, le 30e anniversaire du Tamagotchi, l’esprit qui anime Bandai depuis l’affaire Tamagotchi demeure intact : 模倣品は許さないNous ne tolérons pas les contrefaçons ! Cet état d’esprit, partagé en interne et soutenu par les consommateurs, est considéré comme la clé d’une lutte durable et efficace contre la contrefaçon.