L’hôtel particulier

L’édifice qui accueille le siège de l’Union des Fabricants n’a pas toujours été dédié à présenter les collections du Musée de la Contrefaçon. Pourtant, difficile de rêver une situation plus appropriée que la rue de la faisanderie pour une association qui traque les faussaires ! Si le terme « faisanderie » est plus souvent utilisé pour désigner l’enclos dans lequel l’on élève le faisan, il fait également référence dans la littérature à une association d’escrocs et de voleurs.

C’est vers la fin du XIXème siècle qu’un antiquaire rachète le terrain à la famille Rheims, propriétaire du 14 rue de la faisanderie. Il demande à son architecte de lui construire un bâtiment disposant d’une belle galerie de trois pièces en enfilade pour exposer ses plus belles antiquités. Pour la façade, il lui commande de réaliser la copie d’un hôtel particulier du Marais. Ironie de l’Histoire : l’original a été détruit lors des rénovations haussmanniennes…

Le musée de la Contrefaçon

La façade de l’hôtel particulier qui abrite musée de la Contrefaçon

Le résultat est cette magnifique façade dont le dessin évoque un peu celui du Palais de l’Élysée construit en 1718. Le double décrochage met en valeur l’élément central et confère une grande légèreté à l’ensemble. Cet effet est encore rehaussé par le majestueux escalier de marbre et la balustrade. Le grand soin apporté au choix des matériaux, aux détails de l’architecture, au dessin et à l’habillage des fenêtres et porte-fenêtres en font un bijou d’architecture remarquable qui justifiait de classer l’édifice à l’inventaire des Monuments Historiques, chose faite en 1972.

Le perron

Le perron

Dans les années 1920, c’est une riche héritière américaine qui racheta la maison, Mme Seton-Porter, et lui donna son nom d’hôtel Seton-Porter. Beaucoup d’aménagements intérieurs datent de son temps. La deuxième Guerre Mondiale amena son lot de détériorations et l’hôtel fut laissé à l’abandon jusqu’à son rachat et sa remise en état par Gaston-Louis Vuitton vers 1950. Depuis lors, il est le siège de l’Union des Fabricants et du Musée de la Contrefaçon. En savoir plus sur l’histoire du bâtiment

Mais l’histoire du n°16 rue de la faisanderie ne s’arrête pas là. En 1964, par un formidable hasard, Gérard Oury, réalisateur en repérage, découvre les lieux et obtient l’autorisation d’y filmer une séquence de La Grande Vadrouille. Deux ans plus tard, la célèbre scène du « pot de peinture » immortalise notre cour ainsi que la fameuse treille verte du n°14. Par un concours de circonstances fâcheuses, Bourvil se retrouve propulsé dans cette incroyable aventure qu’il partagera avec Louis de Funès. Mais c’est une autre histoire…

la grande vadrouille 2 la grande vadrouille

Avec le temps, de nombreux films et téléfilms ont été réalisé dans cet hôtel particulier : notamment, L’Enquête Corse (2004), ou encore Micmacs à Tire-Larigots (2009) du réalisateur Jean-Pierre Jeunet.

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